vélos à paris : la grande pagaille ! (Debunk CNEWS)

Bonjour à tous,

Il y a quelques jours, CNews a fait un reportage ici :

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Et en le regardant, je me suis rendu compte de quelque chose de très dérangeant :

C’est qu’avec exactement les mêmes images, avec exactement les mêmes chiffres, on peut raconter deux histoires totalement opposées.

Et le problème, c’est que ce genre de récit biaisé empêche de comprendre ce qui se joue vraiment ici… C’est pour ça que j’ai pris le temps de me rendre sur place, afin de développer cette réflexion en vidéo.

Ca commence dès le début, avec quelque chose de très simple :

un micro-trottoir.

Et surtout le montage qui oriente la perception pour donner un cliché.

[EXTRAIT]

On nous parle de cyclistes qui passent au rouge, sans jamais prendre le temps de montrer un élément pourtant essentiel de cette intersection :
le petit panneau M12, qui permet justement aux cyclistes de franchir le feu rouge dans certaines directions ici notamment pour aller tout droit.

Ce qui peut donner une impression de non-respect du code… Alors que, dans ce cas précis, les cyclistes sont parfaitement dans leur droit et ce tout autour de cette intersection, ces panonceaux M12 sont présents absolument partout.

En particulier à l’endroit où le conducteur de taxi est stationné au moment de l’interview et donc forcément, lui voit des cyclistes passer au rouge toute la journée mais peut être sans savoir qu’il peuvent le faire.

Résultat ce point n’étant ni rappelé, ni même montré dans le reportage.on cible uniquement les cyclistes dans leurs supposés “mauvais comportements”.

Alors même qu’à l’image, au moment où ces critiques sont formulées, de nombreuses infractions se produisent… tellement intégrées au quotidien qu’elles en deviennent invisibles :

  • circulation à contresens (avec cet automobiliste)
  • dépassement dans une intersection (par ce motard c’est le pire moment pour dépasser en cas de changement de direction)
  • stationnement à contresens de la circulation (par ce camion)
  • Allant même par ce rétroviseur pendouillant

Autant de comportements qui représentent, aujourd’hui, les principaux dangers pour les autres usagers. Parce que oui, ce sont majoritairement les véhicules motorisés qui sont responsables des situations les plus accidentogènes.

On a donc un focus très ciblé sur un seul type d’usager, introduit et guider uniquement par la narration !

Car si on reprend l’ensemble de ses points et on refait le montage sans changer les interviews, on obtient quelque chose de très différent.

[EXTRAIT]

On se rend alors compte que les réponses sont en réalité beaucoup plus générales, car les interviewés ne désignent aucun mode en particulier. Cela suggère que celui-ci a été introduit dans la question, ce qui a forcément orienté leurs réponses dès le départ.

En posant une question plus ouverte, comme :
👉 « Selon vous, qu’est-ce qui pourrait améliorer la sécurité sur cette route pour tous les usagers ? »

On aurait sans doute obtenu des réponses bien plus larges et constructives, et moins orientées vers un usager en particulier, mais plutôt vers la place de l’aménagement dans ces conflits.

C’est donc là un premier problème : pointer un usager en particulier avec un biais négatif, alors que le sujet aurait pu être traité de manière beaucoup plus globale et pertinente.

Mais ici, l’objectif de cette première séquence était avant tout de poser un constat : en faisant comprendre qu’aujourd’hui, il y a plus de conflits sur la route, et ils seraient principalement liés aux cyclistes.
C’est en tout cas ce que l’on retient.

Vient ensuite l’étape suivante : identifier le changement qui aurait conduit à ce constat.

LA PROGRESSION DES AMÉNAGEMENTS CYCLABLES

Et ce changement est justement introduit dans la suite du reportage, avec la mise en avant d’une progression des aménagements cyclables, présentée comme étant amenée à se poursuivre.

[extrait]

Cette idée est appuyée par une déclaration d’Emmanuel Grégoire indiquant que, au dernier trimestre 2025, la fréquentation des pistes cyclables parisiennes a progressé de 9,2 %.

De quoi laisser penser que ce n’est qu’un début, et que cette dynamique va continuer.

Et pour renforcer cette idée que le développement des aménagements cyclables augmenterait le danger, le reportage évoque ensuite des carrefours jugés dangereux, suggérant que ces nouveaux aménagements pourraient en être à l’origine.

Puis, la parole est donnée à un cycliste, introduit de manière à appuyer cette hypothèse…

[extrait]

DES AMÉNAGEMENTS ENCORE DANGEREUX ?

La réponse du cycliste est, elle aussi, très singulière. Il n’exprime pas un danger : la seule chose qu’on comprend, c’est que dans certain cas l’espace dans ses double sens cyclable est “un peu juste”.

Une réponse qui, au final, ne fait absolument pas écho au constat précédent sur les carrefours dangereux car sa réponse concerne justement des zones non réaménagées.

Et justement derrière ce cycliste, l’aménagement lui permet désormais de circuler plus sereinement.

Et là encore, en refaisant le montage, on peut raconter quelque chose de très différent.

[extrait]

D’un côté, on peut mettre en avant ce qui facilite les déplacements. De l’autre, on peut soulever ce qui reste à améliorer.

Car les doubles sens cyclables ne sont pas, en soi, des aménagements dangereux. Au contraire : ils permettent aux cyclistes et aux automobilistes de se voir, d’anticiper, et donc de mieux gérer les croisements.

Cela peut, il est vrai, paraître intimidant dans certaines rues…
mais ce n’est pas dangereux statistiquement.

Si le sujet vous intéresse, je l’avais d’ailleurs détaillé dans une autre vidéo.

On voit surtout ici que le journaliste, n’ayant pas obtenu de réponse affirmant qu’un carrefour réaménagé est plus dangereux qu’avant, s’appuie sur une remarque très limitée pour aller dans ce sens.

Or, sur Ledru-Rollin, la situation s’est en réalité nettement améliorée :
Il existe enfin un aménagement cyclable, notamment en provenance de Bastille, souvent cité comme un exemple récent.

Il reste encore, bien sûr, des choses à améliorer — et c’est d’ailleurs un aménagement identifié comme prioritaire par Emmanuel Grégoire.

https://www.cerema.fr/fr/actualites/doubles-sens-cyclables-paris-evaluation-concluante
https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/sites/default/files/2026-01/20260130_Bilan%20provisoire%202025_ONISR.pdf
https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/sites/default/files/2025-06/2025%2005%2028_ONISR_Accidentalit%C3%A9_Bilan_d%C3%A9finitif_2024_v2.pdf

CONCLUSION : PLUS D’AMÉNAGEMENTS = PLUS DE DANGER ?

Au final, entre ces micro-trottoirs qui accusent les cyclistes de comportements dangereux,

les nouveaux carrefours présentés comme risqués, et meme un e témoignage qui semble aller dans le même sens…

chose quiest est la aussi appuyer par les chiffre tout convergent  plus d’aménagements cyclables entraîneraient plus de danger, voire une augmentation de la mortalité. 

CQFD 

Sauf que quand on regarde les chiffres… la réalité est bien différente.

Ces chiffres, issus de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, sont bien réels.Mais le point le plus important… et celui qui saute aux yeux quand on s’ntérésse a ses chiffre c’est la répartition des accidents.

en agglomération la mortalité est moin importante que hos aglotement et Et ça change tout.

Car si on compare 2024 et 2025 :

  • oui le nombre total de morts augmente légèrement mais en ville, il y a 14 morts de moins qu’en 2024 et c’est un miliur hors hubin quelle augement 

Autrement dit : la ville devient plus sûre pour les cycliste salors même que leur nombre augmente

comme souligné par le sujet À Paris, la fréquentation des pistes cyclables a augmenté de plus de 9 % en un trimestre et dans le meme temps l’acdeintologi est resté stable donc non, le problème n’est pas une explosion de l’accidentalité liée aux aménagements cyclables.
C’est même tout  l’inverse : là où ils sont présents, les déplacements deviennent plus sûrs.

Le vrai enjeu se situe ailleurs :
en dehors des zones urbaines, là où les infrastructures sont souvent absentes ou insuffisantes.

C’est là que les efforts doivent se concentrer.

 Et c’est bien ça, le problème avec ce type de reportage :il donne une lecture biaisée de la réalité,qui empêche de comprendre les vrais enjeux… et donc d’apporter les bonnes solutions.

https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/sites/default/files/2025-09/Bilan%20SR%202024%20version%20site%20internet%2012%20septembre.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006842229

INTÉRÊT DE CNews ? (version courte)

Alors on pourrait se dire pourquoi ce type de reportage ?

La réponse est simple, parce que le conflit, ça attire. Un sujet polémique fera toujours plus d’audience qu’un sujet positif et pour preuve j’en parle. 

Il y a également la ligne éditoriale Le vélo reste souvent perçu comme un symbole écolo, un mode de transport qui sera concurrentiel plutôt que le voir comme une solution de plus et aussi une logique économique plus discrète :
Un contenu critique du vélo s’intègre plus facilement dans un univers où l’automobile reste centrale.

Mais au-delà des intentions et de cette ligne éditoriale,  le vrai problème est ailleurs.

CONCLUSION 

c’est qu’il propose une réalité complètement biaisée sans être sanctionné ni être contredit  et sous couvert de chiffres de statistiques, on donne l’apparence du journalisme… alors qu’on est surtout face à un récit orienté.

Au final, ce que l’on retient, c’est que plus d’aménagements cyclables apporteraient plus de danger. Alors que, justement, les données montrent l’inverse.

Plus d’aménagements, c’est plus d’usagers… et des déplacements plus sûrs, notamment en ville la ou il sont présents .

Et aujourd’hui, le vrai danger, ce n’est pas le vélo. C’est le discours qui freine son adoption. C’est un discours qui entrave une alternative à la voiture,et qui nous enferme dans des perspectives d’avenir incertaines, dépendantes de choses que l’on ne maîtrise pas surtout dans le contexte actuel ou un choc pétrolier sans précédent sur ce profil .

Voilà pourquoi je tenais à réagir à ce reportage. Parce qu’il est bien plus problématique qu’une simple critique des cyclistes : il représente un obstacle pour des milliers de Français qui souhaitent se déplacer autrement au quotidien.

et pour faire passer ce message je compte sur vous pour en parler a vos proches, pour échanger pour alterné sur sur ce type de traitement médiatique.

Avant de terminer, je tiens à remercier les personnes qui ont relu ce contenu sur Discord, ainsi que celles qui soutiennent ce travail sur les différentes plateformes, me permettant de travailler à plein temps sur ce sujet.

Vous retrouverez l’ensemble des sources en description de la vidéo.

Il est temps pour moi de vous dire à bientôt pour de prochaines vidéos… et bonne route !