Pourquoi cette vidéo
Bonjour tout le monde. Je dois vous avouer que je n’avais pas prévu de faire cette vidéo. Mais en voyant le trajet filméde Raphaël Glucksmann a moto, entre un événement dans le 20ᵉ arrondissement et un plateau télé, j’ai été particulièrement marqué, il sagi ici d’un déplacement personnel qui n’est pas encadré par la police et ca fait toutes la différence
Et ce qui m’a interpellé, ce n’est pas un débat d’idées ou un échange politique non c’est ce qu’on voit pendant ce trajet, filmé en direct : le chauffeur de Glucksmann s’arrête à plusieurs reprises sur des sas vélo, effectue des dépassements inutiles,, parfois dangereusement près des cyclistes allant jusqu’à faire des dépassement par la droite, et roule la plupart du temps au-dessus des limitations de vitesse.
Oui, j’ai pris le temps de vérifier certains tronçons pour estimer sa vitesse. ici, il est à 36 km/h. Là, plutôt à 43 km/h, dans des zones limitées à 30. Et la cerise sur le gâteau, c’est une moyenne d’environ 73 km/h sur le boulevard périphérique, avec de jolis excès au-dessus de 80 km/h, comme ici soit 30 km au-dessus de la limite de vitesse maximale qui est de 50 km/h ici.
Ce que ces scènes nous font oublier
Alors je pourrais encore continuer lentement et détailler la plus de 20 ene infractions commise en direct ce soir afin d’expliquer leur dangerosité ou encore calculer combien de contraventions et points ça pourrait représenter. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse ici, c’est une question beaucoup plus large pourquoi Glucksmann a laissé son conducteur faire sans broncher, quand on est passager et qu’on voit le conducteur prendre autant de risques, est-ce qu’on doit intervenir ?
Je ne vais pas dire que Glucksmann a demandé ces manœuvres, ni prétendre savoir ce qu’il a vu ou dit pendant le trajet. Peut-être que l’euphorie du moment lui a fait voir trouble… à moins que ce soit la farine j’en sais rien. Et j’insiste je ne lui attribue pas la responsabilité des actes du conducteur.
Cependant sa présence sur cette moto donne l’occasion de parler d’une situation que beaucoup de gens peuvent connaître : être passager, voir leur conducteur agir dangereusement et hésiter à dire quelque chose.
Et justement pourquoi dire quelque chose ça compte autant
Même si le passager ne peut pas corriger tous les comportements à risque, il y en a un dont les conséquences peuvent être particulièrement lourdes : la vitesse.
On pense souvent d’abord à l’alcool. Pourtant, en agglomération, l’ONISR relève la vitesse excessive ou inadaptée chez 25 % des conducteurs présumés responsables d’accidents mortels, contre 20 % pour l’alcool, sur la période 2022-2024. Ces facteurs peuvent se cumuler, mais la vitesse est plus souvent relevée.
Vous n’accepteriez probablement pas de monter avec un conducteur qui a bu. Si c’est pourtant le cas, je vous recommande vraiment d’éviter. Mais si vous refuseriez de monter avec lui, pourquoi accepteriez-vous de rester à bord avec un conducteur qui roule trop vite ? Lui aussi augmente le risque d’accident et, si l’accident survient, le risque qu’il soit grave.
La vitesse, ce n’est pas juste un chiffre sur un compteur. Elle détermine le temps dont le conducteur dispose pour réagir et la distance nécessaire pour s’arrêter. Et si une personne est heurtée, une vitesse d’impact plus faible peut réduire la gravité des conséquences.
Une étude française de Jean-Louis Martin et Dan Wu, fondée sur les accidents recensés en France en 2011, estime que le risque de décès d’un piéton heurté est environ deux fois plus élevé à une vitesse d’impact de 40 km/h qu’à 30 km/h, et six fois plus élevé à 50 km/h qu’à 30 km/h. Je précise qu’il s’agit bien de la vitesse au moment du choc. C’est aussi pour réduire ce risque que la vitesse a été limitée à 30 km/h à Paris.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28557669
Le Plan piéton de Paris indique que les accidents graves ou mortels impliquant des piétons sont passés de 140 en 2019 à 92 en 2022, soit une baisse d’environ 34 %.
En ville, les personnes les plus exposées sont celles qui n’ont pas de carrosserie autour d’elles : les piétons, les cyclistes et les utilisateurs de trottinette. Une manœuvre qui peut paraître anodine depuis un véhicule motorisé peut être vécue très différemment depuis un vélo.
Alors, sachant cela, est-ce qu’une phrase du passager suffit à empêcher un accident ?https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28557669
Les recherches sur ce sujet restent limitées. Une revue systématique publiée en 2022 a recensé six études sur la volonté des passagers de prendre la parole face à un conducteur qui adopte une conduite risquée. Beaucoup portent sur ce que les passagers disent qu’ils feraient, plutôt que sur des interventions réellement observées sur la route. On ne peut donc pas affirmer qu’une remarque suffit toujours à éviter un accident.
En 2014, des chercheurs ont voulu vérifier si la présence d’un passager adulte suffisait à rendre un jeune conducteur plus prudent, ou si ses paroles jouaient aussi un rôle.
Pour le tester, ils ont placé 82 hommes âgés de 18 à 24 ans dans un simulateur de conduite sur autoroute. Certains conduisaient seuls, d’autres avec un passager adulte qui restait silencieux, et un troisième groupe avec un passager qui donnait des conseils de sécurité. Après une pause, les participants ont refait le même trajet, cette fois sans passager.
Le résultat est intéressant : la présence silencieuse d’un adulte ne suffisait pas à produire le même effet. En revanche, les participants qui avaient reçu des conseils conduisaient plus prudemment selon les mesures de vitesse. Et l’effet se retrouvait encore lorsqu’ils reprenaient seuls le volant.
Ça ne veut pas dire qu’une remarque suffit toujours à changer une conduite, ni que cette expérience prouve une baisse des accidents. Elle a été menée sur simulateur, auprès de jeunes hommes, et portait sur la vitesse. Mais elle suggère qu’un passager peut contribuer à rendre la conduite plus sûre : sa parole peut aider le conducteur à prendre conscience de la situation, et son influence peut même se prolonger après le trajet accompagné.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24594361
Bien sûr, une expérience sur simulateur ne permet pas de savoir ce qui se passerait dans chaque voiture, ni avec un chauffeur professionnel. Mais elle montre que la présence d’un passager peut influencer la conduite, et dans le bon sens lorsque ses conseils encouragent à conduire prudemment et à respecter les règles.
Comment intervenir sans aggraver la situation
Alors, concrètement, qu’est-ce qu’on peut dire ?
C’est encore moins évident lorsqu’on dépend de la personne qui nous conduit, parce qu’on peut vouloir éviter la confrontation. Si vous pensez qu’une remarque risque de vous mettre en danger, ne vous forcez pas à intervenir sur le moment. Cette dépendance peut rendre la situation encore plus taboue : le conducteur peut vous rappeler que c’est lui qui conduit et vous faire comprendre que, selon lui, vous n’avez rien à dire.
En ce sens, la série The Rehearsal s’est intéressée à une difficulté comparable dans le cockpit : comment contredire un pilote qui prend une décision risquée. Une étude de sécurité du NTSB, publiée en 1994, a examiné 37 accidents majeurs impliquant des équipages. Elle a relevé 51 erreurs de décisi on tactique dans 25 de ces accidents ; 28 n’avaient pas été contestées par l’autre pilote. L’étude portait sur un échantillon d’accidents sélectionnés, qui ne représente pas l’ensemble des vols ou des accidents. vulture.com
Et aprés avoir chercher encore et encore j’ai fini par trouve es travaux sur le rôle du passager. Un rapport de l’université Monash propose d’adapter à la relation conducteur-passager certains principes de communication et de travail d’équipe utilisés en aviation. Il rappelle aussi qu’un passager peut encourager une conduite plus sûre, mais aussi des comportements à risque. Accident Research Centre
et ca se base en 4 étape
Avant le trajet, mettez-vous d’accord : un rappel de sécurité n’est pas une attaque personnelle. « Si je te demande de ralentir ou de poser ton téléphone, c’est que je ne me sens pas en sécurité. » il faut que le conducteur soit prêt à entendre vos redoute ou si c’est un taxi ou vtc m’informez que vous préférez roulez tranquillement que vous ne vous sentez pas confortable en cas d’infraction
Pendant le trajet, faites une alerte courte, précise, avec une demande concrète : « Tu es trop près du vélo. il y a un piéton qui vous traverser, laisse plus de distance avec le véhicule devant . » Ou : « Tu regardes ton téléphone. Pose-le, je peux m’occuper du GPS. , c’est certain que ca doit pas être un exercice évidement pour le conducteur de recevoir ses information mais il faut jouer le jeux c’est un grain de sécurité pour vous deux
Côté conducteur, il faut savoir entendre l’alerte et agir : « Reçu, je ralentis. » Sans cette écoute, demander au passager de prendre la parole ne suffit pas.
Et l’alerte est ignorée, en taxi ou vtc vous avez l’autorité pour indiqué Et si vous ne vous sentez toujours pas en sécurité, ne poursuivez pas le trajet et qu’il vous dépose dans un endroit sur Et si le véhicule est arrêté, attention avant d’ouvrir la portière : le Code de la route interdit à tout occupant de l’ouvrir si la manœuvre met en danger un autre usager, cycliste compris. vous pouvez alors préciser que d’un coup ça devient votre responsabilité.
et si le conducteur est un proche c’est alors une décision beaucoup plus difficile à prendre et une communication a avoir beaucoup plus longue j’imagine pour faire entendre vos craintes.
Le silence et les aménagements
Et pourquoi je vous parle de ça ? Il y a quelque temps, je suis tombé sur cette campagne. Elle m’est restée en tête et a fini par me donner envie de faire cette vidéo. Ce qui m’a marqué, c’est le silence qui ponctue les images : une personne voit le danger, mais ne dit rien.
Ce silence ne signifie pas que cette personne serait responsable de l’accident. Il nous invite plutôt à nous demander si, dans certaines situations, une parole aurait pu interrompre la prise de risque.
Dans mon précédent sujet, je défendais l’idée que les aménagements sont plus efficaces que de compter uniquement sur les bons comportements individuels. Je le pense toujours. Des aménagements séparés, une intersection mieux conçue et des rues pensées pour maintenir une vitesse réellement maîtrisée protègent beaucoup de monde, sans demander à chacun de négocier sa sécurité au cas par cas.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut se taire quand un danger se présente. Les aménagements réduisent les risques à l’échelle de la rue. Une intervention du passager peut parfois influer sur la conduite pendant un trajet précis. Elles répondent à deux échelles différentes et peuvent se compléter.
Conclusion
Cette séquence nous donne alors l’occasion de nous questionner sur le rôle du passager.
Le conducteur reste responsable de sa conduite. Mais, dans certaines situations, une parole du passager peut contribuer à éviter qu’un risque ne s’aggrave. Les passagers ne sont toutefois pas les seuls à pouvoir agir :
l’État, ses représentants et celles et ceux qui aspirent à le représenter ont aussi un rôle à jouer pour lever ce tabou. Les candidats devraient montrer l’exemple, veiller à ce que leur conducteur adopte une conduite prudente et le rappeler à l’ordre si nécessaire il n’y a pas de conduite a deux vitesse le respect sur la route c’est pour tout le monde. Le gouvernement pourrait également lancer des campagnes pour aider les passagers à oser intervenir comme on le voit dans d’autres pays pour que chacun soit acteur de sa sécurité.
J’espère que cette vidéo aidera au moins permis d’ouvrir le débat. Vous pouvez aussi la partager avec un conducteur que vous appréciez, même si vous appréciez un peu moins sa conduite. Et la prochaine fois que vous serez passager, repensez-y : quelques mots peuvent parfois aider à prévenir un risque, et si vous êtes conducteur une écoute peut tout changer.
Ces échanges sont précieux : ils nous aident à progresser et nous encouragent à faire mieux. Pour votre sécurité, celle du conducteur et celle de toutes les personnes autour de vous. Ensemble, faisons en sorte de partager une route plus sûre.