Et mon vélo ? C’est pour bientôt 👀
6:37 PM · 3 juin 2026
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Saint-Denis veut offrir des vélos aux collégiens : mais peuvent-ils vraiment rouler ?
Bonjour tout le monde. À Saint-Denis, le maire Bally Bagayoko propose une mesure assez forte : offrir un vélo aux élèves à la fin du collège.
Il veut aussi mettre en place des aides à l’achat pour les habitants, développer les vélo-écoles et augmenter le nombre de stationnements vélo dans la ville.
Sur le papier, c’est une très bonne idée. Parce qu’un vélo, pour un collégien, ce n’est pas juste un objet : c’est de l’autonomie. C’est pouvoir aller au collège, au sport, à la gare, chez des amis, ou simplement se balader, sans dépendre systématiquement des parents, des horaires des transports en commun.
Mais il y a une question essentielle : un vélo, ce n’est vraiment utile que si la ville permet de s’en servir. Alors je suis allé rouler à Saint-Denis pour voir ce que ça donne sur le terrain, et répondre à une question très simple : est-ce qu’un collégien peut vraiment se déplacer seul à vélo dans cette ville ?
Le test du collégien
Pour répondre à cette question, il faut prendre un peu de recul. Parce qu’à travers les yeux d’un adulte habitué à faire du vélo, on peut parfois être trop indulgent. On accepte des choses qu’on ne devrait pas accepter : les endroits où il faut prendre sa place dans la circulation, anticiper un changement de direction, comprendre que la continuité de la piste se fait à droite, ou savoir qu’il faut se méfier d’un carrefour. Tout ça, ce ne sont pas des choses qu’un collégien devrait avoir à gérer seul.
Un collégien n’est pas un cycliste expert. Il peut hésiter, il se trompe, il peut être impressionné par les voitures, les bus, les grandes traversées d’intersection ou les grands boulevards. Et surtout, il ne devrait pas avoir à deviner où il doit aller. C’est ça que je vais essayer de retranscrire ici : analyser une ville avec les yeux d’un collégien, ça oblige à se poser une question plus exigeante. Est-ce que l’itinéraire est assez clair, assez lisible et assez sécurisé pour qu’un jeune puisse l’utiliser sans stress ?
Première rupture : l’arrivée depuis Paris
Et le premier exemple qui m’a vraiment marqué, c’est justement mon arrivée à saint denis depuis Paris.
Côté Paris, on est sur un aménagement vraiment confortable : séparé, sécurisé, lisible qui vient tout juste d’être réalisé suite à déménagement de la porte de clignancourt dans le cadre des jo et C’est clairement le type d’aménagement idéal, celui où l’on comprend tout de suite où l’on doit aller, sans avoir besoin de réfléchir. Et puis, brutalement, en arrivant à Saint-Denis, on sent instantanément que l’on change de ville. On passe d’une piste cyclable séparée à une voie de bus partagée, où il faut composer avec les bus, les voitures, et parfois même slalomer à cause du stationnement des dépassement rapide. Pour un adulte habitué, c’est désagréable. Pour un collégien, ça peut déjà devenir une frontière presque infranchissable.
Et cette entrée en matière est finalement assez représentative de ce que j’ai ressenti lors de mon itinéraire à Saint-Denis. Le problème, ce n’est pas forcément que la ville ne fait rien pour le vélo. Au contraire, durant le dernier mandat de nouveaux management ont été réalisés certains sont même très bons. Le vrai problème, c’est la brutalité des ruptures. On peut avoir une piste confortable pendant quelques dizaines ou quelques centaines de mètres, puis d’un coup, plus rien. Et quand on se place du point de vue d’un collégien, cette rupture n’est pas un simple détail technique : c’est un mur.
Ce qui m’a le plus choqué, c’est par exemple cette nouvelle piste cyclable proche du lycée Frédéric-Bartholdi, qui s’arrête comme ça, presque sans prévenir. Alors oui, je comprends que l’aménagement est peut-être encore en cours de réalisation. Mais je trouve irresponsable de laisser une piste s’interrompre brutalement sans aucun accompagnement, même temporaire. Parce qu’en continuant, on arrive sur un gros carrefour et une gare routière, avec pas mal de bus et sans aménagement cyclable, avant de le retrouver plus loin une continuité cyclable. Cette rupture est d’à peine 150 mètres représente un vrais point noir et c’est vraiment frustrant car juste aprés ce n’est pas comme s’il n’y avait rien il y a bien un management bien séparé large qui reprend.
Et ce type de rupture brutale, on le retrouve ailleurs, par exemple près du collège Barbara. Là aussi, il y a un nouvel aménagement cyclable très intéressant, qui passe juste devant le collège. Mais pour le rejoindre depuis les axes proches, c’est beaucoup plus compliqué. La piste semble commencer et finir un peu au milieu de nulle part je ne sais pas par où je dois passer pour le rejoindre si l’on doit rester sur la chaussée, monter sur le trottoir, traverser, ou attendre plus loin. et honnêtement, dans cette situation, le plus prudent est presque de descendre du vélo et de marcher pour rejoindre l’aménagement cyclable un peu plus loin.
Et même sur ce nouvel aménagement il y a parfois quelque mètres de flottement
Et c’est précisément ce genre de détail qui devrait être traité en priorité. Pas forcément avec de grands travaux tout de suite, mais au moins avec de l’aménagement tactique
AMÉNAGEMENT TACTIQUE
Ce type d’aménagement, on peut d’ailleurs déjà en retrouver en ville. L’idée, c’est de créer rapidement un itinéraire plus sécurisé, avec de la peinture, des balises, des séparateurs légers, ou des plateformes de bus mieux intégrées. Ce n’est pas un aménagement définitif, mais c’est justement son intérêt : il peut se mettre en place assez facilement, évoluer, être corrigé, puis progressivement prendre sa place. Et une fois que les tests sont concluants, on peut le transformer en aménagement pérenne.
Je pense sincèrement que cette étape est très intéressante, plutôt que de se précipiter directement vers un aménagement définitif qui peut lui aussi comporter des erreurs. Parce qu’entre ce que l’on imagine sur un plan et ce que les usagers font réellement sur le terrain, il y a parfois un vrai décalage. L’urbanisme tactique permet justement d’observer les usages, de voir où les cyclistes passent vraiment, où les piétons traversent, où les conflits apparaissent, et d’ajuster.
Et une chose importante a noté c’est la pression de séparation physique.
C’est extrêmement différence d’une bande de peinture, car interdir a une usager de faire quelque chose ce n’est pas l’empiére, et une ligne blanc indiquant un amangement cyclable n’empéche malheuement pas les mauvais stationnement on peut dailleur en voit systématiquement l’eplxuque dé que circuler .
mais il faut aussi fait extrêmement attention aux chois de ses séparateur comme je disais plu tot il doit être important de pardonner une erreur car a vélo si vous taper un séparateur avec votre rou vous tombé, or les plus jeune n’on pas un équilibre parfait uen bonne largeur et des rebord dit chanvreiné permet déviter cette chuté prioritairement coté voitir comme ici c’est idéla ca évite aussi d’y taper la pédale
Et idéalement, il faudrait éviter de placer des obstacles au milieu de la route, car ils peuvent représenter un danger. Le meilleur exemple, ce sont ces boules installées au milieu de la chaussée. À l’origine, elles avaient été mises là pour empêcher le mauvais stationnement, mais au final, elles n’ont rien empêché. Elles sont surtout devenues des pièges pour les cyclistes, à tel point qu’ils ont fini par ajouter des poteaux et repeindre les zones.
S’il doit y avoir des poteaux sur un aménagement cyclable, ils devraient systématiquement être en plastique, et non en acier comme sur cette piste.
Il ne faut pas non plus considérer ces aménagements comme terminés, mais plutôt comme une transition vers quelque chose d’encore plus qualitatif : une piste confortable, bien éloignée de la circulation, avec des passages spécialement aménagés pour les cyclistes et les piétons.
C’est le cas, par exemple, près d’un ancien gros nœud routier lié à l’A86, qui représentait autrefois une vraie barrière dans la ville. En repensant cet espace, on permet aujourd’hui une traversée beaucoup plus sécurisée, notamment pour les élèves qui doivent rejoindre leur établissement scolaire.
Avant, cette piste était justement un piège à cyclistes, avec des séparateurs au centre. Et en plus de cette piste, il y a ici un point très important qui permet de simplifier l’accès au vélo.
Stationnement
Mais développer les aménagements cyclables, ce n’est pas tout. Il faut aussi permettre aux élèves, aux étudiants et plus largement aux habitants de stationner leur vélo correctement. Et là aussi, j’ai pu observer de très belles choses à Saint-Denis, notamment avec un stationnement couvert, vraiment bien placé, juste entre l’établissement scolaire et l’aménagement cyclable. C’est exactement ce qu’il faut développer : un endroit visible, pratique, protégé de la pluie, et directement connecté au trajet naturel des cyclistes.
Parce que malheureusement, le stationnement vélo n’est pas toujours pensé de cette manière. Il ne suffit pas d’installer des arceaux quelque part : il faut les placer au bon endroit, au plus proche de l’aménagement cyclable et du lieu de destination. J’ai par exemple pu le voir au niveau de la nouvelle gare de Pierrefitte, où il y a, à mon sens, un vrai défaut de conception. Si vous arrivez à vélo et que vous voulez déposer votre vélo, que ce soit sur un arceau classique ou dans un stationnement sécurisé, vous devez traverser un espace piétonnier. Et je trouve ça extrêmement dommage.
Dans l’idéal, ces stationnements devraient être placés au plus près de l’aménagement cyclable, pour éviter au maximum les mauvais comportements d’usage. Parce qu’on ne va pas se mentir : si le chemin le plus direct vers le stationnement passe par une zone piétonne, beaucoup d’usagers vont la traverser sur leur mode de transport pour aller se stationner . Ce n’est pas forcément par mauvaise volonté, c’est simplement parce que l’aménagement les y pousse.
On imaginerait pas une seconde faire une entré de parking qui oblige les invite à traverser une zone piétonne avec des espèce de marché pourquoi on le fait avec les cycle il faut ancitercie ses es comportements en amont, les accompagner, et organiser l’espace pour que le trajet le plus évident soit aussi le plus sûr.
On peut aussi regretter de voir encore beaucoup d’arceaux vélo sans aucune protection contre la pluie ou le soleil, aussi bien au niveau des gares que près des écoles. Je ne dis pas que tous les arceaux de la ville doivent être couverts, car cela représenterait évidemment un coût énorme. Mais certains lieux méritent clairement une attention particulière : les écoles, les collèges, les lycées, les gares, tous ces endroits où l’on stationne son vélo plusieurs heures, parfois toute la journée.
Il faudrait aussi accompagner les collégiens sur la sécurité de leur vélo, surtout lorsqu’il s’agit de leur premier vélo. C’est souvent au cours de la première année de possession que l’on relève statistiquement le plus de vols, malheureusement par manque d’expérience : utilisation d’un antivol trop léger, de type « scoubidou », au lieu d’un antivol correct, mauvais point d’attache, ou vélo mal sécurisé.
Fournir un antivol avec le vélo pourrait donc être une bonne idée. Même si cela représente un coût supplémentaire, c’est certainement plus intéressant que de devoir racheter un vélo. Il faudrait également expliquer comment l’attacher correctement et proposer davantage de places de stationnement, idéalement surveillées.
Bien sûr, cela n’empêchera jamais complètement le vol, et ce sera toujours moins efficace qu’un véritable stationnement sécurisé, mais ce serait déjà un vrai progrès pour rendre le vélo plus rassurant au quotidien.
Les pistes sur trottoir : attention au conflit avec les piétons
Il y a aussi un point important à rappeler : un collégien, ce n’est plus un enfant. Et ça change beaucoup de choses à vélo. Jusqu’à 8 ans, un enfant a le droit de circuler sur le trottoir. Mais après cet âge, il doit utiliser la chaussée ou les aménagements cyclables.
Or, à Saint-Denis, on trouve encore beaucoup d’aménagements directement sur les trottoirs. Et je trouve que ça envoie un mauvais signal : celui de dire que rouler sur le trottoir, c’est normal. Bien sûr, dans certains endroits très contraints, on peut comprendre ce choix. Mais dans ce cas, il faut que la séparation soit parfaitement lisible, confortable et accessible. Juste mettre de la peinture sur un trottoir, ce n’est pas créer un aménagement cyclable de qualité comme on peut le voir ici par exemple.
Les pistes sur trottoir, c’est qu’elles créent vite des conflits avec les piétons. Une piste simplement peinte, mal séparée ou mal identifiée, peut devenir compliquée pour tout le monde : les piétons, les cyclistes, les personnes âgées, les personnes malvoyantes, les parents avec poussette, ou même les piétons qui ne comprennent pas qu’ils sont sur une piste cyclable. Et là encore, le point de vue du collégien est utile : un jeune à vélo ne doit pas être mis en conflit avec les piétons. Il doit avoir une place clairement définie.
et à saint denis j’ai pu voir un excellent exemple de ce type d’arrangement comme ici avec une vrais différence entre l’espace piéton et cycle, bon le petit détail c’est que vu l’absence de banc et la présence de cette spéciation certain l’utilise, le choix de l’urbanisme finalement a une importance énorme sur le comportement des usager mais dans l’ensemble c’est vraiment qualitatif ce réalignement
Dans d’autre cas oùl’espace est plus contraire il serait possible de reprendre de l’espace sur la voirie. Par exemple, le long du tram, on voit parfois deux voies de circulation, dont une qui sert surtout à la double file. Cela montre bien que cette voie n’est pas forcément indispensable à la circulation. Elle pourrait être utilisée pour créer un vrai aménagement cyclable. J’ai fait la même observation sur d’autres axes actuellement en travaux : la circulation est parfois limitée à une seule voie, et même aux heures de pointe, cela ne semble pas poser de problème majeur. C’est donc peut-être le signe qu’on peut redistribuer l’espace autrement.
Il y a aussi un autre danger avec ces aménagements sur trottoir que j’ai pu expérimenter: ils peuvent être masqués par le stationnement. À certains endroits, une voiture garée près d’une intersection cache complètement la visibilité.
Et la sans freiner, et bien je me serai pris cette automobile qui tourne. Ce type de stationnement n’a rien à faire aussi près d’un passage ou d’une intersection ca pourrait être une première mesure rapide surtout qu’ici je suis juste à côté d’un établissement scolaire.
et En plus de supprimer ces places dangereuses, on pourrait en profiter pour créer des traversées plus lisibles, par exemple avec un trottoir traversant ou une piste cyclable surélevée.
Là aussi on voit d’ailleurs que c’est possible, puisque certains quartiers juste à côté ont déjà été réaménagés avec des trottoirs et des cheminements cyclables à niveau. C’est beaucoup plus confortable et cela donne une vraie continuité aux piétons et aux cyclistes. Le problème, c’est que parfois, même dans ces aménagements, on garde encore une logique où c’est le trottoir et la piste cyclable qui sont coupés par la voiture, au lieu de l’inverse. Résultat : on se retrouve dans des situations ambiguës. On ne sait pas toujours si l’on a la priorité, on freine, on hésite, puis on découvre qu’il y avait en fait un stop pour les voitures. Pour un collégien, ce manque de clarté peut être très stressant.
Dans certaines rues, on n’a pas forcément besoin d’une piste séparée partout. Une rue calme, avec peu de voitures, une vitesse basse et une place du vélo clairement indiquée au centre de la chaussée, peut bien fonctionner. Mais pour cela, il faut que ce soit lisible, cohérent et apaisé. Une ville cyclable ne doit pas rendre la marche moins agréable. Elle doit rendre toute la rue plus claire, plus sûre et plus facile à comprendre pour tout le monde.
Le canal Saint-Denis : l’itinéraire qui pourrait tout changer
Un autre atout qui pourrait être mis en valeur, c’est le canal Saint-Denis. L’itinéraire est agréable, calme, sécurisé, et il permet d’éviter certains axes compliqués du centre-ville. Pour des collégiens, des familles, des cyclistes débutants ou simplement des habitants qui veulent se déplacer sans stress, c’est un axe extrêmement précieux.
Mais le problème, c’est qu’il n’est pas assez visible, ni toujours assez bien connecté. Un bon itinéraire cyclable doit être facile à trouver. Il doit être signalé depuis les grands axes, les gares, les quartiers, les ponts et les équipements publics. Si même un cycliste habitué peut le rater, alors beaucoup d’habitants ne l’utiliseront pas. Le canal ne devrait pas être un itinéraire caché : il devrait être une vraie colonne vertébrale pour les déplacements à vélo.
Et c’est exactement ce que j’ai ressenti à plusieurs points du parcours. À certains endroits, j’aurais clairement préféré rouler le long du canal plutôt que sur des axes compliqués, comme ici, ou à proximité des rails du tram, comme là. Mais je ne savais pas forcément que je pouvais le rejoindre facilement.
Par exemple, au niveau du pont Wilson, il n’y a pas d’accès direct. On pourra me dire qu’il existe bien un accès de l’autre côté, mais l’avantage de passer par là, c’est que cela permettrait de limiter les intersections. Or limiter les intersections, c’est aussi limiter les dangers inutiles.
C’est un point à garder en tête : il faut simplifier les accès dès que c’est possible, pour rendre les itinéraires cyclables plus lisibles, plus directs et plus sûrs.
Mais il faut aussi faire attention à ne pas transformer le canal en voie express pour vélos. Ce doit rester un espace agréable, partagé, avec des usages différents : des cyclistes, des piétons, des familles, des personnes qui se promènent. Le canal peut devenir un axe majeur, mais il ne doit pas devenir une excuse pour ne pas améliorer les autres rues. Il faut à la fois valoriser cet itinéraire calme, et continuer à sécuriser les axes du quotidien.
Un autre point qui m’a marqué, c’est l’importance des raccourcis. Encourager la marche et le vélo, ce n’est pas seulement créer de grandes pistes cyclables : c’est aussi éviter les détours inutiles et rendre les trajets plus évidents.
À Saint-Denis, on voit que la ville a parfois fait de vrais efforts pour simplifier les déplacements à pied et à vélo. Près du lycée Suger et d’une école maternelle, par exemple, certains passages permettent d’éviter de longs détours autour de grands bâtiments. Sans ces ouvertures, les élèves et les parents auraient été obligés d’emprunter un trajet beaucoup plus long.
Mais il reste encore des endroits où l’on pourrait aller plus loin. Une impasse ouverte aux piétons et aux vélos, un passage mieux indiqué, une rue mise en double-sens cyclable : ce sont parfois de petits aménagements, mais ils peuvent changer beaucoup de choses. Ils rendent les trajets plus directs, plus simples, plus naturels. Et c’est aussi ça, encourager la mobilité douce : permettre aux gens de prendre les chemins les plus courts, les plus logiques et les plus agréables.
J’ai d’ailleurs pu voir une transformation très réussie sur ce point. Et c’est là que les habitants ont un rôle essentiel à jouer. Ce sont souvent eux qui connaissent le mieux les blocages du quotidien, les détours absurdes, les passages manquants. En signalant ces problèmes à la ville, en se mobilisant, ils peuvent parfois faire évoluer un projet immobilier pour y intégrer un raccourci, comme dans l’exemple montré, voire même un petit parc. Cela montre que ces micro-aménagements ne sont pas secondaires : ils peuvent réellement améliorer la vie de quartier.
Mais les vraies frontières de Saint-Denis apparaissent surtout ailleurs : les ponts, les grands boulevards, les quais, les ronds-points, les axes à plusieurs voies. À vélo, ces endroits peuvent vite devenir intimidants. Un pont hostile peut rendre tout un quartier difficile à rejoindre. Un boulevard trop compliqué à traverser peut transformer un trajet simple en parcours stressant.
Ces franchissements sont pourtant essentiels. Ce sont eux qui permettent de passer d’un quartier à l’autre. Ce sont eux qui déterminent si le vélo peut devenir un vrai moyen de déplacement, ou s’il reste seulement une option pour quelques trajets faciles à l’intérieur d’un quartier. Sur mon parcours, j’ai rencontré plusieurs fois ce type d’obstacle : des traversées peu lisibles, des ponts difficiles, des axes où l’on ne sait pas vraiment où se placer ni comment continuer.
La traversée vers l’Île-Saint-Denis, par exemple, reste un point noir très marqué.
La bonne nouvelle, c’est que certains nouveaux projets semblent mieux prendre en compte ces franchissements, comme le pont réalisé au niveau de la future ligne 15. Ce type d’aménagement peut changer complètement la manière de se déplacer, parce qu’il permet de gommer une coupure urbaine et de créer une vraie continuité.
Pour moi, ce sont clairement des axes prioritaires à traiter. Si l’on veut que des collégiens puissent se déplacer seuls à vélo, il faut d’abord rendre ces grandes traversées simples, lisibles et rassurantes.
Le VIF : une occasion de relier les morceaux
Et une autre bonne nouvelle, c’est qu’un projet régional existe : le VIF, pour Vélo Île-de-France. Son objectif, c’est de relier les communes avec des itinéraires cyclables continus, lisibles et facilement identifiables, pensés un peu comme des lignes de transport en commun.
Et l’un des grands avantages de ce projet, en plus d’offrir une continuité c’est la place donnée à la signalisation : de petits panneaux homogènes, avec les directions et les temps de trajet, pour guider simplement les usagers. Une signalétique pensée à l’échelle de la région, cohérente et facilement reconnaissable.
Et une fois en place cette logique pourrait aussi être déclinée sur des axes plus locaux. Par exemple, quand une continuité cyclable n’est pas évidente, marquage au sol ou un panneau peut éviter beaucoup d’hésitations. Ici, par exemple, comment est-ce qu’on peut savoir qu’il faut continuer à gauche plutôt que… dans la poubelle ? Bon, après, vous me direz : prendre à gauche, c’est un peu le seul choix.
Et ce manque de signalisation est aussi visible ici le long du tram au moment précis où l’on aurait le plus besoin d’être guidé, il n’y a rien. Il faut deviner qu’une piste bidirectionnelle existe de l’autre côté de la chaussée. Et pourtant, là, on est bien sur un itinéraire du VIF.
On voit d’ailleurs certains cyclistes continuer sur le trottoir, de l’autre côté. Et je suis sûr que s’ils avaient vu la piste, ils l’auraient prise. Ce n’est pas forcément parce qu’ils veulent mal faire : c’est simplement parce que l’aménagement ne leur indique pas clairement où aller.
Et c’est justement ce que le VIF pourrait venir corriger : créer une vraie liaison lisible, continue et identifiable, où l’on n’a pas besoin de deviner son chemin à chaque carrefour.
Et pour les autres usagers ?
Comme vous avez pu le voir en partant des collégiens, on arrive finalement à un sujet beaucoup plus large. Parce qu’une ville qui fonctionne pour un collégien à vélo fonctionne aussi mieux pour beaucoup d’autres personnes.
Elle fonctionne mieux pour les personnes âgées.
Pour les cyclistes débutants.
Pour les habitants qui n’ont pas de voiture.
Pour les personnes qui vont à la gare.
Pour les familles en vélo cargo.
Pour les piétons, les aménagements sont bien séparés.
Pour les personnes malvoyantes, si les cheminements sont lisibles.
pour les parents qui accompagnent un enfant ou doivent laisser leur enfant prendre le vélo en les rassurant.
Le collégien n’est donc pas un cas particulier.
C’est un révélateur.
Si une ville est assez claire et sûre pour un adolescent, elle devient plus claire et plus sûre pour tout le monde.
Alors, est-ce qu’un collégien peut vraiment se déplacer facilement à vélo à Saint-Denis ?
Aujourd’hui, la réponse est : pas encore partout, pas sans stress, pas sans devoir parfois improviser.
Mais Saint-Denis part aussi avec de vrais atouts.
Il y a déjà de bons aménagements. Il y a des sections de qualité, du stationnement vélo, le canal Saint-Denis, des rues apaisées, l’arrivée du VIF.
Et il y a aussi une volonté politique affichée, qui vient accompagner les usagers.
Mais pour que la promesse du vélo offert fonctionne, il faut aller plus loin.
Il ne suffit pas de donner un vélo à un collégien. Il faut lui donner un trajet.
Et la bonne nouvelle, c’est que cela semble être le souhait de la ville de Saint-Denis et de son maire nouvellement élu : travailler avec les associations, échanger sur les points noirs, identifier les blocages, et construire ensemble les aménagements de demain.
Alors, si vous êtes de Saint-Denis, profitez-en. Rejoignez ces échanges, partagez votre expérience, faites remonter les problèmes du quotidien.
L’objectif est clair : mieux connecter les écoles, les gares, les lieux de vie et les quartiers.
Car si Saint-Denis arrive à proposer des aménagements suffisamment qualitatifs pour permettre à des collégiens de circuler à vélo, alors la ville aura réussi à créer des aménagements praticables par toutes et tous.
Et dans ce cas, ce ne seront pas seulement les collégiens qui y gagneront.
Ce sera toute la ville.
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