Nos passages piétons en France sont nuls !

Ces lignes blanches qui tuent (encore) 

Il y a quelque temps, j’étais tombé là-dessus : un passage piéton avec l’annotation « priorité piéton ».
Un pléonasme qui m’a fait réfléchir : si on en est venu à ajouter ce texte, c’est que, fondamentalement, il y a un problème de compréhension avec ce marquage.

J’ai donc creusé pour comprendre ce qui rend ces passages, que des milliers de piétons empruntent chaque jour, si mal conçus, si mal compris et si mal respectés.

Car pendant ce temps-là, on continue de mourir en traversant la rue.

En 2025, 501 piétons ont perdu la vie. 45 de plus qu’en 2024.

Ce n’est pas normal de risquer sa vie simplement en se déplaçant à pied.

Alors, pour comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas, j’ai analysé de nombreux aménagements : à Paris, en France, en Europe… et même à l’autre bout du monde.

L’objectif : voir ce qui marche vraiment, et comprendre comment on peut améliorer la place du piéton et réduire l’accidentologie.

Sentiment d’insécurité ou danger réel

Mon premier réflexe pour identifier les endroits dangereux et comprendre la source du problème a été de consulter une carte d’accidentologie. Mais en l’analysant, on se rend compte qu’elle comporte un biais majeur : elle ne recense que les accidents, qu’ils soient légers, graves ou mortels.

Cela crée un angle mort important. Les lieux où les usagers ressentent le danger, où l’on redouble de vigilance voire que l’on finit par éviter complètement concentrent mécaniquement moins d’accidents. Ils apparaissent donc comme moins problématiques dans les statistiques.

À l’inverse, les accidents surviennent souvent sur des passages protégés, dans des zones où l’on se sent en contrôle et en sécurité au moment de traverser. C’est précisément là que le danger peut devenir le plus insidieux.

À ce titre, je trouve que cette vidéo montrant une personne malvoyante illustre parfaitement la situation. La scène s’est produite le 16 juin 2019 : un refus de priorité, une altercation… Une scène finalement banale. Et pourtant, cette altercation n’apparaît dans aucune donnée officielle d’accidentologie. Sa seule trace, c’est sa médiatisation.

Et en ce sens, se concentrer uniquement sur les lieux où des accidents ont déjà eu lieu reviendrait à mettre de côté tout le reste. C’est pour cela que j’ai choisi d’adopter une approche plus globale afin de comprendre comment améliorer réellement la sécurité sur ces passages piétons.


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https://www.loicbertrand.eu/accidents/?lng=2.37595&lat=48.85048&zoom=19.19&mode=Ind%C3%A9termin%C3%A9%2CPi%C3%A9ton&grav=Bless%C3%A9+hospitalis%C3%A9%2CBless%C3%A9+l%C3%A9ger%2CTu%C3%A9&coloring=gravite&years=2017-2024

https://informations.handicap.fr/a-agression-aveugle-paris-conducteur-11972.php

https://www.google.com/maps/place/R.+de+Prague,+75012+Paris/@48.8506714,2.3757587,3a,70.4y,185.67h,69.11t/data=!3m8!1e1!3m6!1sv8b43WyyRq7wuDa53-NM0A!2e0!5s20241001T000000!6shttps:%2F%2Fstreetviewpixels-pa.googleapis.com%2Fv1%2Fthumbnail%3Fcb_client%3Dmaps_sv.tactile%26w%3D900%26h%3D600%26pitch%3D20.889750725846582%26panoid%3Dv8b43WyyRq7wuDa53-NM0A%26yaw%3D185.6746309638157!7i16384!8i8192!4m6!3m5!1s0x47e67205c14cea49:0xa54dffb8343cfeca!8m2!3d48.8498101!4d2.3758702!16s%2Fg%2F1z2crr544?entry=ttu&g_ep=EgoyMDI2MDIxMS4wIKXMDSoASAFQAw%3D%3D

Les passages piétons “classiques”

Commençons donc avec les passages piétons dits « classiques », ceux où les piétons ont, en théorie, la priorité.

C’est dans l’une de ces zones qu’une personne malvoyante s’est vu refuser la priorité… avant d’être agressée.

Depuis, plusieurs choses ont changé.
Tout d’abord, l’affaire a été jugée : le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’automobiliste de 68 ans à une amende de 2 000 euros, dont 1 000 euros avec sursis, ainsi qu’à une suspension de dix-huit mois de son permis de conduire.

Et sur place, l’aménagement a évolué, d’une part le trafic de transit a été coupé avec la mise en place d’un sens interdit, un point que je détaillerai plus tard dans le sujet et qui a son importance car forcément moin de trafic c’est moin de risque de refu de prioité. 

mais le changement le plus intéréssant ici et qui pourait passé pour un détail c’est cette excroissance au niveau du trottoir ici qui vas en réduissant la largeur de la chaussé forcéer les conducteur a ralentir 

Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé. J’ai récemment observé de nombreux changements au niveau de certains carrefours pour limiter les risques de mauvais stationnement.
Sur Crimée, par exemple, on peut voir l’apparition de potelets.
sur Taitbout, 

Ces zones ne sont pas particulièrement accidentogènes  je le précise au regard des données  mais ces réaménagements ont au moins permis de dégager la visibilité aux intersections et de limiter le stationnement gênant.
Un stationnement pourtant déjà interdit… mais qui continue d’exister en l’absence d’aménagements contraignants.

L’impact des aménagements (potelets, oreilles, îlots…)

Un point marquant de ces transformations, c’est aussi leur impact sur les comportements.

Au Trocadéro, par exemple, j’ai pu observer deux types de passages piétons sur des voiries de largeur identique.

Le premier : une traversée large, en une seule fois, sans aménagement particulier. Les piétons doivent s’élancer et sont frôlés de chaque côté. Le respect y est très aléatoire.

Le second : un passage équipé d’oreilles de trottoir et d’un îlot central.
Et dans l’ensemble, celui-ci fonctionne beaucoup mieux.

La contrainte  et la limite  de certains de ces aménagements, c’est que l’on se retrouve parfois avec une véritable forêt de poteaux.
Mais cela mériterait sans doute un autre sujet. Restons sur notre objectif.

L’objectif, dans un premier temps, est simple : améliorer la visibilité de ces passages piétons.

Un principe renforcé par la loi d’orientation des mobilités, qui impose la suppression des places de stationnement à moins de cinq mètres d’un passage piéton.

On peut d’ailleurs se demander ce que fait encore cette place de livraison ici, alors que la rue vient d’être réaménagée…

On voit également apparaître :
– de nouveaux passages piétons aux arrêts de bus, parfois associés à des ralentisseurs ;
– des passages piétons mis en lumière pour signaler la présence d’un piéton en train de traverser.

Et enfin, un dernier type d’aménagement : le trottoir traversant.

On le retrouve généralement à l’entrée des rues piétonnes ou résidentielles.
Sa particularité, c’est que ce n’est plus le passage piéton qui traverse la route…
C’est la route qui traverse le trottoir.

La priorité est alors inversée instantanément.

La conclusion ici, c’est qu’il faut donner plus de visibilité au sens propre comme au sens symbolique.

Élargir les trottoirs, supprimer le stationnement à proximité, dégager les angles morts : tout cela permet de mieux voir les piétons et d’éviter l’effet de surprise.

Il a surgi de nulle part.

Car le fameux « il a surgi de nulle part » est souvent le symptôme d’un aménagement défaillant.
Et cela révèle aussi quelque chose de plus profond : la manière dont le piéton est considéré dans l’espace public.

L’une des actualités les plus choquantes est cette vidéo où l’on peut voir un conducteur percuter un enfant, rassurez si je vous montre cette séquence c’est que vous l’enfant vas bien et n’a pas de séquelles de l’accident.

Les médias se sont alors acharnés à renverser complètement la responsabilité, reportant uniquement la faute sur l’enfant qui aurait surgi sans vérifier. C’est de sa faute s’il elle c’est fait percuté car elle a traversé sans regarder allant même jusqu’à féliciter le conducteur pour ses réflexes.

Toute la responsabilité est déplacée. Traverser au milieu de la route dans une zone résidentielle devient un comportement dangereux, honteux voire illégal.

Alors qu’au même moment dans le sujet il n’a été rappelé que cette rue est limitée uniquement au trafic local et que le conducteur doit adapter sa vitesse aux obstacles. La vitesse de 40 km/h dans cette rue n’est pas un objectif, c’est une limite.

Rien, dans cette affaire, n’est venu remettre en cause cet accident ni la vitesse de circulation ni la manière de conduire dans cet environnement.

La rue est alors redéfinie comme un espace prioritairement automobile, où les véhicules ont une place absolue et ne peuvent être remis en question.

Néanmoins, pour rééquilibrer le sujet, deux représentants d’associations ont partagé leur avis de façon plus générale sur cette rue, rappelant le danger qu’elle représente et encourageant la mise en place de ralentisseurs ainsi qu’une amélioration de la visibilité dans celle-ci. Mais à aucun moment la place des véhicules n’est remise en question.

Et justement, en parlant de véhicules motorisés…

troca

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plot supprimer stationnement

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Les passages piétons avec feu

Ça, c’était donc les passages piétons sans feu.

Maintenant, regardons ceux avec feu.
Et voici à quoi ressemblent nos passages piétons avec feu en France.

Eh bien… c’est fondamentalement la même chose.

Le même marquage au sol.
Les mêmes bandes blanches.

Et c’est justement ça, le problème.

À aucun moment, visuellement, on ne différencie un passage piéton géré par un feu — où le piéton n’est pas prioritaire lorsqu’il a le rouge — d’un passage piéton sans feu, où il est prioritaire en permanence.

Prenons un exemple très parlant, dont j’avais déjà parlé dans un sujet dédié.

Vous passez un feu vert.
Premier passage piéton : les piétons ne sont pas prioritaires.
Pas de problème, vous continuez.

Deuxième passage piéton, dans le même carrefour : toujours pas prioritaire.
Vous continuez.

Troisième passage piéton… et là, il est prioritaire.

Quelle est la différence entre les deux ?

Eh bien justement : aucune.

Pas de panneau spécifique.
Pas de marquage distinctif.
Aucune ligne au sol qui signale clairement le changement de régime de priorité.

Et pour les cyclistes, le problème est encore plus exacerbé.

La logique de priorité entre piétons et cyclistes varie d’un feu à l’autre.
Ici, je suis soumis au feu.
Là, je ne le suis pas.

À tel point qu’on voit circuler des vidéos de personnes persuadées que des cyclistes « grillent le rouge », alors que dans cette configuration précise… ils en ont le droit.

Dommage, néanmoins, que certains ne prennent pas le temps d’analyser ce problème de lisibilité de l’urbanisme, et se contentent de produire du contenu anti-cycliste.
Ce n’est pas très surprenant venant de soutiens de Véron ou de Rachida Dati, mais c’est regrettable.

Car si l’on prend le temps d’observer, on peut justement réfléchir à des solutions pour rendre cette signalisation plus claire et plus compréhensible pour tous.

Et si vous suivez déjà la chaîne, vous le savez : la place du piéton dans les déplacements urbains est centrale.

Récemment, ça m’est revenu en pleine figure.

Dans ma vidéo sur ce nouveau carrefour bleu, j’avais remarqué une inscription au sol :
« Priorité piéton ».

Et je me suis posé une question simple :

Si on doit rappeler qu’un passage piéton donne la priorité aux piétons…
c’est qu’il y a un problème, non ?

Les feux absolus en Asie

Et pour résoudre ce problème, plusieurs pays ont développé leurs propres approches.

En Asie, par exemple, on retrouve les feux dits « absolus ».
Le cas le plus connu est celui du Japon : tous les véhicules sont arrêtés en même temps, et les piétons peuvent traverser dans toutes les directions, y compris en diagonale.

Cela supprime le risque de se faire couper la route par un automobiliste.

Mais ces phases sont souvent très courtes, peu adaptées aux personnes à mobilité réduite.
La traversée est longue… et l’attente l’est encore plus.

C’est une expérience que j’ai pu vivre à Taïwan.
Là-bas, les feux affichent un décompte, et il n’est pas rare de voir plus de 90 secondes d’attente.

Résultat : les trajets à pied deviennent extrêmement pénibles.
Avec plusieurs feux successifs, le temps d’attente finit parfois par représenter la majorité du temps de déplacement.

Et pour « régler » le problème, certaines villes sont même allées plus loin : suppression pure et simple de passages piétons.

Si vous voulez traverser, il faut descendre dans un passage souterrain ou emprunter des escaliers, comme sur ce carrefour.
J’en ai vu de nombreux comme ça.

On pousse alors à une forme de dérive : le piéton n’a plus vraiment sa place au niveau de la rue.
Les personnes âgées ou à mobilité réduite feraient presque mieux de se faire transporter plutôt que d’essayer de parcourir quelques mètres.

On en arrive à des aménagements presque « cyberpunk », où la rue est totalement dominée par le flux motorisé.

Et c’est d’ailleurs quelque chose que je commence à voir apparaître à Paris, notamment avec le passage piéton de Montparnasse, que j’avais aussi documenté.

Ces approches restent malgré tout très centrées sur la fluidification du trafic, et pénalisent énormément les déplacements à pied.

Royaume-Uni & Allemagne

En Europe, il existe d’autres approches pour différencier les passages piétons classiques et les traversées gérées par un feu.

Au Royaume-Uni, les « zebra crossings » sont souvent accompagnés de balises lumineuses clignotantes appelées « Belisha beacons », du nom du ministre des Transports Leslie Hore-Belisha.

Ces dispositifs rendent le passage immédiatement identifiable. On sait visuellement qu’il s’agit d’une traversée prioritaire. car les passage piétons au niveau des intersection et bien n’on pas de zebra crossings juste des pointillées un automobilistes et piétons savent donc instantanément lequel est lequel 

Et l’Allemagne ?

En Allemagne, les piétons respectent généralement scrupuleusement le feu, et les automobilistes respectent les traversées.

Ce qui est intéressant, c’est que, comme au Royaume-Uni, la signalisation distingue plus clairement les différents types de traversées.

On ne confond pas aussi facilement un passage prioritaire avec une traversée régulée par un feu.

etour en France : besoin de différenciation

Pour nos passages piétons, je pense qu’il est important d’avoir une véritable classification.

Par exemple, on pourrait ajouter une ligne en amont, de type « cédez le passage », pour rappeler clairement la priorité.
Ou bien adopter un marquage différent selon qu’il s’agit d’un passage piéton avec feu ou sans feu.

Évidemment, modifier le marquage au sol à grande échelle aurait un coût important : il faudrait décaper et refaire l’ensemble des passages piétons.

Mais, quoi qu’il en soit, une différenciation claire entre un passage piéton avec feu et un passage piéton sans feu est essentielle.

Un autre point fondamental, c’est l’uniformisation des feux.

S’il existe un feu pour les conducteurs de véhicules motorisés, il devrait y en avoir un à côté pour les cyclistes.
On peut très bien y intégrer un panonceau M12 lorsque cela est pertinent.

J’ai d’ailleurs pu observer en Autriche un système intéressant avec deux feux distincts pour les piétons, rendant la lecture beaucoup plus claire.

La présence d’un feu est importante pour plusieurs raisons :

Les personnes malvoyantes et l’accessibilité

D’abord, pour rappeler visuellement que des piétons peuvent traverser ici  et surtout à quel moment.
Ensuite, pour accompagner les personnes malvoyantes.

Et elles sont bien plus nombreuses qu’on ne l’imagine.

En France, près de 2 millions de personnes vivent avec un handicap visuel ou une cécité.
Un chiffre qui ne cessera d’augmenter avec le vieillissement de la population, même si la médecine progresse.

C’est donc un enjeu majeur d’accessibilité.

Aujourd’hui, l’absence de feu pour traverser une voie cyclable, alors que la voie motorisée est au rouge, ne facilite pas la compréhension de la traversée  en particulier pour les personnes malvoyantes.

C’est un point qui doit être sérieusement pris en compte.

Si l’on veut conserver des villes accessibles, il faut anticiper ces besoins plutôt que les corriger après coup.

Le tourne-à-droite : angle mort mortel

Un autre point que je n’ai pas encore abordé, c’est le risque aux intersections, notamment lors des tourne-à-droite des automobilistes.

Beaucoup, dès qu’ils ont le feu vert, oublient qu’ils doivent respecter la priorité des piétons en tournant.

Pour limiter ce risque, certaines villes mettent en place des phases dites « absolues », où tous les véhicules sont arrêtés pendant que les piétons traversent.

Mais comme on l’a vu en Asie, ces phases sont longues, et dans les faits, beaucoup de piétons ne les respectent pas toujours, notamment à cause du temps d’attente.

Une autre approche consiste à donner quelques secondes d’avance aux cycles et aux piétons avant que les véhicules motorisés ne passent au vert.

En avançant légèrement les traversées — ou en instaurant un démarrage anticipé — on améliore leur visibilité et on réduit les conflits.

Et là, ça fonctionne déjà un peu mieux.

C’est d’ailleurs ce que l’on peut observer aux Pays-Bas, où cette logique d’anticipation est intégrée dans la gestion des carrefours.

Une autre solution consiste à installer un feu dédié dans l’intersection pour clarifier les priorités.

Même si ce type d’aménagement est parfois mal compris au départ, il peut être efficace.

C’est notamment ce qui a été fait en amont de la Bastille.
Avant, la priorité des piétons y était systématiquement refusée.

Depuis l’ajout d’un feu, le respect est nettement meilleur.

Même si, il faut le reconnaître, l’itinéraire cyclable à cet endroit reste encore très mal compris.

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Les Pays-Bas

Finalement, ce problème de non-respect des passages piétons est avant tout lié à une infrastructure qui suggère implicitement : « priorité à la voiture ».

Et le comportement suit.

Repenser la sécurité des piétons, c’est d’abord les accompagner là où le trafic est important :
avec des feux clairs, des aménagements lisibles, des traversées protégées.

Mais dans les rues résidentielles, là où le trafic est faible, la logique est différente.

Il ne s’agit plus de protéger le piéton à travers un dispositif ponctuel.
Il s’agit de lui permettre d’occuper tout l’espace.

Aux Pays-Bas, c’est très clair.

La couleur de la chaussée rappelle immédiatement le statut de la rue.
Des ralentisseurs sont installés environ tous les 50 mètres.
La contrainte est permanente.

Dans ces rues résidentielles, il n’y a souvent même pas de passages piétons.

Pourquoi ?

Parce que toute la rue est, de fait, un espace partagé où l’automobiliste doit ralentir.

Et c’est là qu’on touche quelque chose d’important.

Le passage piéton, au fond, est une invention destinée à répondre aux problèmes engendrés par les véhicules motorisés.

C’est un outil de régulation dans un espace dominé par la voiture.

Mais dans les zones piétonnes ou dans les rues à très faible vitesse, ces passages deviennent presque désuets… voire absurdes.

Si l’on veut vraiment garantir la sécurité des piétons, la solution ne consiste pas seulement à mieux tracer des lignes blanches.

Elle consiste à leur redonner de l’espace.
À réduire la place du trafic motorisé.
À inverser la hiérarchie de la rue.

Parce que tant que l’infrastructure dira « priorité à la voiture »,
les comportements continueront de suivre.

Et à Paris ?

À Paris, les choses évoluent plutôt positivement.

Des « rues aux écoles » ont été créées pour limiter les conflits.
De plus en plus de zones piétonnes voient le jour.

Même si, là encore, la clarté de ces aménagements n’est pas toujours au rendez-vous.

Il n’y a pas systématiquement de ralentisseurs dans ces rues.
Et très peu de personnes comprennent réellement ces marquages piétons transversaux, qui ne sont pas des passages piétons, mais plutôt un patchwork visuel indiquant que les personnes à mobilité réduite peuvent traverser ici.

Car sur le reste de la rue, le trottoir reste souvent une entrave à leur liberté de déplacement.

À ce sujet, j’ai été très agréablement surpris par ce que j’ai vu à Nantes.

Dans certaines zones piétonnes, il n’y a ni passage piéton… ni trottoir.

C’est ça, une vraie zone piétonne.

Et surtout, c’est là qu’on commence enfin à voir des personnes en béquilles ou en fauteuil se déplacer plus librement.

Car si, au quotidien, on ne voit pas beaucoup de personnes malvoyantes ou à mobilité réduite dans l’espace public, ce n’est pas parce qu’elles n’existent pas.

C’est parce qu’elles ne peuvent pas toujours s’y déplacer en sécurité.

Lors d’un voyage à Vienne, j’en ai croisé beaucoup plus.
La ville est équipée presque partout de bandes podotactiles au sol pour guider les personnes malvoyantes.

L’accessibilité y est pensée comme une norme, pas comme une exception.

La réappropriation des rues

Redonner les rues résidentielles aux piétons, c’est aussi permettre aux habitants de se réapproprier leur espace.

La rue devient une extension du domicile.

Et dans ces cas-là, les habitants en prennent davantage soin.

Un lieu où l’on vit n’est pas perçu comme un lieu où l’on ne fait que passer.

C’est particulièrement frappant dans les grandes villes.

Par exemple, on n’aurait pas forcément l’idée de ramasser un déchet posé devant chez soi si l’on considère que « ce n’est pas à nous ».

Mais en banlieue ou dans un quartier résidentiel apaisé, si quelque chose traîne sur le trottoir devant notre maison, la réaction est souvent immédiate.

Contrairement à une idée reçue, très peu de communes confient officiellement l’entretien des trottoirs aux riverains par arrêté municipal.
La plupart du temps, cette tâche revient à la collectivité.

Et pourtant, le sentiment d’appropriation change complètement le comportement.

Au final, la question des passages piétons dépasse largement la simple ligne blanche au sol.

C’est une question de partage de la chaussée une pyramide de la hiérarchie a revoir avec en haut les piétons  

Si l’on veut réellement limiter les accidents, il faudra fondamentalement repenser deux choses :

Sécuriser beaucoup mieux les grands axes, là où le trafic est dense.
Redonner la priorité aux piétons dans les zones résidentielles.

C’est un travail en deux temps.

Et tant qu’on ne traitera pas ces deux dimensions ensemble, on continuera à corriger les symptômes… sans jamais régler la cause.

https://www.instagram.com/reel/DMf37R5N6rf/?igsh=Nms5bXo5NWh5c2hk


REDUCTION DE LA TRAVERSER 

https://www.google.com/maps/place/Rue+d’Hautpoul,+75019+Paris/@48.8832372,2.3878689,3a,72.5y,137.82h,73.03t/data=!3m7!1e1!3m5!1s8iYKGLgK6y4Z1flfomXBPg!2e0!6shttps:%2F%2Fstreetviewpixels-pa.googleapis.com%2Fv1%2Fthumbnail%3Fcb_client%3Dmaps_sv.tactile%26w%3D900%26h%3D600%26pitch%3D16.974083094845724%26panoid%3D8iYKGLgK6y4Z1flfomXBPg%26yaw%3D137.82199949302526!7i16384!8i8192!4m6!3m5!1s0x47e66dc6684d17d3:0x57de84ce5bf493c0!8m2!3d48.8838939!4d2.3876397!16s%2Fg%2F121qgdpq?entry=ttu&g_ep=EgoyMDI2MDIxMS4wIKXMDSoASAFQAw%3D%3D

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