Bonjour tout le monde,
Ces derniers jours, j’ai beaucoup vu circuler ce projet qui propose de rouvrir les quais de Seine, rive droite à Paris, à la circulation des véhicules motorisés, en proposant une nouvelle balade piétonne sur le dessus. C’est un projet qui suscite beaucoup d’engouement et sur lequel je vous propose de revenir.
Commençons par le début : les quais de Seine concernés par cette modification se trouvent dans une zone protégée par l’UNESCO. Cela signifie que ce site est considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité et mérite d’être préservé pour les générations futures. Être inscrit au patrimoine mondial peut aider à obtenir des financements internationaux, attirer un tourisme durable et sensibiliser le public à l’importance de sa préservation et toute construction ou détérioration permanente entraînerait la suppression de ce statut.
Autrement dit, dans l’état actuel des choses, ce projet ne peut être mis a bien car toutes modification qui impacterai le patrimoniale de ce site est purement et simplement interdite.
https://core.unesco.org/fr/projects
https://whc.unesco.org/fr/list
On pourrait finalement s’arrêter là, mais l’UNESCO n’a pas de pouvoir légal pour interdire un projet dans un pays. Par contre, faire cette modification risque de faire perdre la protection du patrimoine mondial, de subir des pressions diplomatiques, d’être placé sur la liste du patrimoine en danger ou, dans les cas extrêmes, retiré de la liste du patrimoine mondial. C’est surtout un risque symbolique et réputationnel, ainsi qu’une perte de financements futurs pour l’aide à la conservation.
En résumé, réaliser ce projet revient à adopter une approche autoritaire, ce qui reste assez logique puisque ce projet est soutenu par l’extrême droite, sous couvert de le faire passer via un référendum.
Imaginons donc que nous fassions fi de l’UNESCO : quel serait alors l’impact de ce projet .
Le premier point concerne les piétons…
UNE BALADE
Cette soi-disant balade créée est en réalité un énorme sacrifice pour les piétons, et ce pour plusieurs raisons.
Le premier point, c’est que pour tous ceux qui ont eu la chance de la parcourir, cet espace est absolument unique à Paris : on peut circuler à pied ou à vélo sur plusieurs kilomètres sans jamais croiser une intersection ni un véhicule motorisé. Cet espace est devenu très prisé des joggeurs le matin, des familles et des touristes l’après-midi, ainsi que des vacanciers lors d’événements. C’est un espace coupé du bruit et du trafic, calme et agréable.
Si cette balade est remontée au même niveau que la circulation des quais, les piétons perdront tout ce calme. Voici un petit exemple sonore entre les quais bas et les quais hauts pour s’en rendre compte, car dans le projet la circulation des véhicules motorisés n’est pas remise en question sur les quais hauts ni sa diminution.
Et surtout, cette balade ne sera simplement plus possible : elle ne pourra plus passer sous les ponts ni éviter le trafic. Les piétons devront s’arrêter à chaque intersection, ce qui anéantit tout l’intérêt de cette balade pour les joggeurs, les piétons et les cyclistes. La beauté de cette promenade, c’est sa continuité sur plusieurs kilomètres sans jamais croiser la route d’un véhicule motorisé. Or, cela semble complètement oublié dans le projet.
De plus, c’est le long de la Seine ce n’est pas un bord de mer ici et la différence c’est que sur tout le parcours il faut percer des ponts pour faire continuer cette balade . Il y en a sept sur le tracé, tous classés monuments historiques. J’imagine mal le Pont Neuf, le plus ancien pont de Paris, être « explosé » pour aménager cette balade : c’est inconcevable. À ce moment-là, il faudrait alors faire converger tous les piétons vers un trottoir qui n’existe plus.
Ha oui car un autre détail important est que ce le projet prévoit de la place pour les cyclistes, mais au détriment des piétons, car l’espace sur le trottoir sera utilisé entre le mur et les arbres. Ce mur empêche d’ailleurs les piétons d’accéder directement à la balade, qui sera de l’autre côté. Pour y remédier, il faudrait casser le mur… c’est d’ailleur ce que l’on peut voir sur les vidéos généré un peut a l’arrache avec de l’ia.
Le Problème : ce que ce mur abrite les bouquinistes de Paris, l’une des traditions et savoir-faire les plus anciens des quais de la capitale. Pour des personnes censées aimer ce patrimoine, cette approche est absurde, surtout la décision volontaire de mettre une piste cyclable à cet endroit ce qui empêche l’accès à ses bouquinistes….
Et ce n’est pas tout…
Prise de vue avec quai et et au dessus du quai
https://www.paris.fr/pages/les-bouquinistes-et-paris-histoire-d-amour-en-majuscules-7886
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouquinistes_de_Paris
ESPACE VERT INACCESSIBLE
Ce projet priverait aussi l’accès à ces espaces verts, qui est ouvert à tous car contrairement à ce qui est souvent affirmé dans la vidéo il y a bien des accès à ce quai pour des personne à mobilité réduite grâce à des rampes, faut pas oublier qu’avant c’était des voiture qui y accédait dans pourquoi d’un coup les personne à mobilité réduite ne pourrai pas aller circuler ici .
Et il n’y a pas qu’un seul espace vert ou espace de jeux : il y en a plusieurs, tous bordés de nombreux commerces qui ont pu s’implanter grâce à la piétonisation des quais.
Car contrairement à l’idée reçue selon laquelle la suppression de l’accès aux véhicules motorisé tuerait le commerce, ici c’est tout le contraire : la piétonisation a permis de rendre ces lieux vivants, avec l’ouverture d’une quinzaine d’établissements comme cafés, petites restaurations, buvettes et activités liées au tourisme et à la flânerie.
Fermer les quais de berges reviendrait donc à condamner l’ensemble de ces commerces, qui ne pourraient pas se réimplanter en surface. Rien que ces points devraient suffire à remettre en cause le projet.
Mais Intéressons-nous maintenant point central que ce projet est censé réglé…
MOINS DE VOITURES, MOINS DE POLLUTION
Ce qui est ironiquement paradoxal dans cette histoire, c’est que le problème a été identifié : le surplus de voitures, leur bruit et leur pollution. Mais la solution proposée est absurde : doubler le trafic pour faire encore plus de place pour le problème, ce qui aggrave ce bruit et cette pollution.
Si l’on veut régler un problème, il faut s’attaquer à sa source, et non se contenter de masquer ses conséquences. Pourtant, c’est exactement ce que propose ce projet : ne pas régler le problème, mais le cacher sous le tapis. La vraie solution est de diminuer la dépendance à la voiture et de proposer des alternatives, ce qui permet de diminuer les bouchons et la pollution.
Car plus de trafic de transit au-delà des problème précédemment cité vient également pénaliser ceux qui ont le plus besoin d’accéder à ces zones : artisans, commerçants et résidents.
Rouvrir les quais bas sans fermer sur les quais hauts à la circulation, et imaginer une diminution spontanée de la circulation, est utopique, voire complètement absurde.
Avant la fermeture des quais de Seine, les quais hauts étaient déjà saturés par la circulation.
En réalité, la rouvrir va encourager une nouvelle circulation. Tous les automobilistes qui passaient par le boulevard périphérique pour contourner Paris passeront à nouveau par le centre, et il n’y a pas d’accès direct vers ces quais, ce qui va augmenter le trafic pour traverser Paris.
Cette approche est exactement l’opposé de celle actuellement mise en place a Paris, qui, elle, porte ses fruits. Elle a permis de diminuer progressivement la congestion dans la capitale, qui n’est d’ailleurs plus dans le top 3 des villes les plus embouteillées de France.
La circulation automobile dans Paris intra-muros n’a jamais été aussi faible : elle a baissé de 60 % par rapport à 2002. Depuis l’avènement de la voiture, Paris n’a jamais été aussi fluide, et c’est justement grâce à cette approche consistant à multiplier les offres de transport alternatives que cette amélioration est possible.
https://www.paris.fr/pages/le-bilan-des-deplacement-a-paris-en-2024-31371
https://archive.is/uTMry (top ville embouteillage)
LE COÛT
Un autre point qui m’a fait tiquer, c’est le coût du projet : 60 millions d’euros pour des travaux de cette taille. En réalité, c’est relativement peu. Pour vous donner un ordre d’idée :
- La couverture du périphérique à la Porte de Vanves, lancée en 2006 par la Ville de Paris et la Région Île-de-France, a couvert 260 mètres de linéaire pour un coût total d’environ 58 millions d’euros.
- À la Porte des Lilas, 680 mètres ont coûté 83 M€.
Ces projets ont été réalisés sur des zones sans valeur patrimoniale particulière, où il était possible de poser un tablier de largeur standard sur le périphérique, sans contraintes majeures.
Ici, nous parlons d’un linéaire de 2 kilomètres, pas de 300 ou 700 mètres, au bord de la Seine, un secteur classé au patrimoine mondial par l’UNESCO. En dessous, c’est la Seine qui passe. Ce n’est donc pas un simple remblai sur lequel on pourrait poser des piliers. En réalité, la structure repose sur des pilotis déjà supportant un tablier, comme le montrent les images d’archives : sous cette route, il y a de l’eau.
Ce détail explique pourquoi il est impossible de planter des arbres ou d’ajouter beaucoup de végétation dans l’état actuel. De plus, on ne voit pas ses pilotis car ils sont protégés par une bordure qui limite leur détérioration. Il faudra donc repenser cette structure, vérifier si elle est adaptée pour supporter ce poids et prévoir des poteaux capables de soutenir la circulation, y compris les crues de la seine en 2001 2016 2018, qui deviennent de plus en plus régulières.
À cela s’ajoute la liaison de ce projet avec les points précédemment cités. Le coût de mise en œuvre est beaucoup plus complexe que de poser simplement une dalle sur le périphérique. C’est une toute autre opération, et on est au minimum sur un facteur 10 en termes de coût par rapport ce qui est indiqué dans le projet soit 600 millions. avec une telle somme il serait possible de financer des améliorations du transport public, ou de travailler sur d’autres solutions plus pérennes, ayant un impact réel et durable sur la circulation et la qualité de vie à Paris.
Et sinon, que pourrait-on réellement faire pour améliorer encore les choses ici.
Ici, il faut repenser la globalité de l’aménagement, en prévoyant une continuité de Concorde à Bastille. Pour les piétons et cycles. Actuellement, la piste bidirectionnelle présente sur rive droite s’arrête au milieu de nulle part au niveau de concorde à côté d’un un véritable échangeur routier qui ne débouche plus sur rien, puisque les tunnels menant aux voies sur berges sont désormais fermés.
il y a donc pour l’instant un trous entre place de la concorde ou bastille ou les piéton et cyclistes partagent cet espace et ici pourrai être envisdage sur les quai aut re prolonger cette aménagement cyalble en double sens jusqu’à l’autel de ville ou elle reprend le, tout en laissant suffisamment d’espace pour une voie de bus et deux voies pour la circulation des véhicules motorisés.
permet un meilleur partage de l’espace public, et paradoxalement augmente la capacité de déplacement dans ces rues. En effet, vouloir faire plus de place pour la voiture, c’est en réalité réduire la capacité globale de déplacement.
Pour les piétons, il reste à améliorer la liaison au niveau de certaines entrées et sorties, notamment sur la voirie Mazas, sur laquelle j’avais réalisé un sujet dédié montrant l’aménagement actuel qui entraîne de nombreux conflits entre piétons et cyclistes. Cet espace doit être mieux équilibré afin de redonner de la place aux piétons.
Selon moi, les quais bas devraient être réservés aux piétons, avec la possibilité d’une utilisation à vélo pour la promenade, mais les déplacements rapides devraient se faire sur les quais hauts, comme cela a été mis en place pour la rive gauche.
CONCLUSION
En résumé, ce projet de réouverture des quais de Seine rive droite est un non-sens total : il sacrifie le patrimoine classé, les piétons, les espaces verts et les commerces au profit d’un trafic automobile qui ne ferait qu’aggraver la pollution et la congestion. Pour un coût exorbitant, il ne résout rien et recrée des problèmes là où ils avaient été résorbés.
C’est une idée archaïque, coûteuse et destructrice, alors que des approches alternatives, durables et efficaces existent. Il était important d’examiner ce projet pour comprendre pourquoi des solutions qui tentent de traiter une conséquence plutôt que la source d’un problème ne peuvent fonctionner. Cela permet aussi de se forger un avis éclairé pour construire, ensemble, une ville plus vivable.
Personnellement, j’aime cette ville et je veux continuer à y vivre. Je ferai tout mon possible pour qu’elle reste accueillante pour tous, y compris pour un heureux événement que j’attends avec impatience. Dans ce sens, ne soyez pas surpris si le rythme de publication des vidéos ralentit prochainement, car j’aurai beaucoup à faire.
J’en profite pour remercier toutes les personnes qui soutiennent mon travail sur les différentes plateformes, par leurs dons, me permettant d’aborder ce nouveau moment de vie avec sérénité. Je ne parle pas souvent de ma vie privée, mais il me semblait important de vous tenir informés sur ce point, qui offrira prochainement une autre approche des déplacements en famille j’ai hate.
merci également au relecteur qui m’aide dans la véfiriction de ses védéio avant leur publication via le discrod altis playq que vous pouvez retrouvé en description.
il est tempspour mois de vous dire a bientôt pour de rpochaine vidéo et bonne route
https://cdn.paris.fr/paris/2019/07/24/9162dba91d7aa28bd8c572cb79d8bc39.pdf
https://www.eure.gouv.fr/contenu/telechargement/31825/209274/file/presentation_reunion_lancement.pdf